23 mai 2011 – Au volcan Bromo – 9h32
Il n’est que 9h30 mais je me suis levée depuis bien longtemps déjà, à 3h30.Qui a prononçé le mot vacances? Qui?!
Hier matin, j’ai rencontré Hélène au petit déjeuner à l’auberge de Jogja, et nous avions booké le même tour pour les 3 jours à venir. Nous avons donc passé la journée d’hier à faire connaissance dans le bus. 12h…c’est une bonne prise de contact. Hélène a 30 ans et elle est architecte à Paris. Ca fait 5 mois qu’elle est partie, et il ne lui en reste qu’un. Elle rêvait de faire ça, ses 30 ans sont arrivés, et elle s’est dit que c’était maintenant ou jamais. Le contact est immediatement bien passé entre nous, et depuis, c’est un bonheur de partager la route avec elle.
Nous sommes donc arrivées bien tard à notre guest house, et surtout en mille morceaux à cause de l’inconfort du minibus, de la durée de route, et de l’état de la route elle même. Autant dire qu’il était tant d’arriver, car notre chauffeur commençait à donner des signes de faiblesses. Une ou deux frayeurs nous ont convaincues qu’il valait mieux ne pas faire attention à sa conduite, ou nous serions descendues illico!
On a fini par chanter des chansons avec les quelques allemands qui partagaient le bus avec nous. C’était gai.
C’est bien parce que le trajet ne semblait pas évident du tout que j’ai, comme Hélène, accepté le tour que m’a proposé le gars de la guest house de Jogja. Mais on se fait toujours un peu plumer. Il n’y a pas à dire, je préfère le plus souvent me débrouiller seule.
Toujours est-il qu’hier soir, nous avons juste eu le temps de prendre une douche, qu’il vallait mieux se coucher si on voulait avoir une chance de dormir 4 ou 5h. Il faisait sacrément froid d’ailleurs. Nous étions à 2500m.


C’est donc un peu endormies que nous sommes montées dans la jeep à 4h, afin de nous rendre au magnifique point de vue qui domine le crater des 3 volcans, et assister à un lever de soleil majestueux. Magique. Ca valait bien de se lever en pleine nuit. Puis la jeep nous a déposées dans le « crater» (ça porte un autre nom que je ne connais pas), la partie creuse, plate et lunaire qui se trouve au pied des volcans. Au sol, il y a une sorte de sable, qui est en fait une poussière de lave extrèmement fine et douce. On y a marché pieds nus avec un grand sentiment de liberté. Entendre le volcan qui ronronne, si bien bien qu’il est interdit de s’approcher de sa base sous peine de prendre le risque de recevoir un jet de cailloux bouillant, ça impressionne. Mais on a passé une heure à parcourir cette grande étendue en profitant du silence et du seul bourdonnement de cette force de la nature. Magique, une deuxième fois.





A 6h30, le soleil innondait tout autour de nous, et nous avions l’impression qu’il était 10h du matin. Décalée, ailleurs, libre, et heureuse, voilà ce que je suis. Le paysage que nous avions longé de nuit à l’aller m’a frappée lorsque je l’ai vu enfin. D’une multitude de verts et de variétés différentes, la « jungle» qui nous avons fendue sur de petites routes rocailleuses est splendide. De retour à la chambre vers 7h30, quelques heures au soleil devant les plantations de café, à papoter de nos vies et de tout ce qu’il nous reste à vivre, et il était temps de reprendre la route vers Kawah Ijen. Par exemple, s’il n’avait tenu qu’à nous, nous serions bien restées une journée ici, à nous reposer, bouquiner, écrire, et rêvasser devant le paysage.
D’autant que j’ai oublié de dire que je suis malade depuis 2-3 jours. Une bonne crève qui m’a bousillée la voix: je suis presque aphone.
Arabica café près d’Ijen – 18h08
Le coucher de soleil vaut le détour ici… Nous sommes arrivées juste à temps pour en voir la fin. Et demain, on remet ça! Lever à 3h30, on part pour l’ascension du mont Ijen, plus sportif que ce matin apparemment. Je crois que je peux m’attendre à quelque chose de très beau.

Ah, j’oubliais! Sur la route pour la guest house de ce soir, nous avons longé des champs de cannes à sucre dont certaines étaient en train d’être coupées et ramassées. Le chauffeur nous a vus très intéressés par tout ça alors il s’est arrêté pour que nous puission goûter. Les « cueilleurs» se sont montrés adorables, accueillants, et fiers de nous voir là. Ils n’ont cessé de nous « éplucher» des cannes à sucre à la machette (sacré coup de main!) pour que nous les sucions. C’est très agréable à manger et le goût m’a beaucoup plu. Très chouette moment.
20h44
Une belle soirée passée, comme le déjeuner, avec un couple de québécois, Isabelle et Philippe. Eux aussi font le même itinéraire que nous. Ils m’ont redonné l’envie folle de découvrir Montreal! Et dire que je devais y partir l’hiver dernier… Un New York – Montreal est donc relançé dans ma tête. Le voyage appelle le voyage, et sitôt que l’on en vit un, on imagine le prochain.

25 mai 2011 – 13h24 – Lovin sur BALI
Hélène et moi, nous n’avons pas regretté de nous être levées très tôt une deuxième nuit de suite. Le Kawah Ijen n’est pas quelque chose que l’on voit tous les jours. Pour arriver en haut, nous avons grimpe durant 3km, en croisant des hommes qui extraient et tranportent le souffre. Je souffrais pour eux de les voir avancer a petits pas reguliers, portant 2 paniers remplis de part et d’autre de leurs epaules, relies par un bambou. Les paniers contiennent des blocs de souffre d’un jaune eclatant, et les hommes en portent 90kg sur leurs epaules.. C’est terrifiant. D’autant que le denivele est important. Chaque fois que nous en croisions un, il nous saluait, , discutait parfois, et nous demandait si nous avions des biscuits. Leur repondre ‘non’ les rendait si tristes que je reste touchee par cette enigme des biscuits, surtout qu’il y en a dans les magasins ici.
En haut, la vue est spectaculaire. Le lac de souffre d’un bleu-vert irreel est entoure de montagnes de roches blanches creusees de sillons. Pres de la surface de « l’eau» (la consistance semble plus epaisse), de gros blocs de souffre laissent echapper une fumee dense et compacte, qu’il vaut mieux ne pas respirer. Heureusement, le temps etait en notre faveur, et le vent soufflait vers la rive opposee. Nous pouvions marcher sur le contour pour voir le lac changer de couleur et de lumiere, le tout dans un silence fabuleux. Quel bonheur! Je me suis sentie extremement chanceuse d’etre la.
Apres ce moement silencieux et contemplateur, nous avons repris la route pour Bali. Une partie etait tellement chaotique qu’on a eu un peu peur de rester coinces la, a cause d’un pneu creve, d’un amortisseur qui lache, ou parce que nous serions restes coinces dans un nid de poule trop profond. Rien de tout ca ne s’est passe et nous sommes arrives au port pour emprunter un ferry qui nous a deposees comme des fleurs, Helene et moi, a Gilimanuck, le port d’entree de Bali.
Enfin la liberte apres 3 jours de tour reserve, ou tout est decide par un tiers, nous avions une hate non dissimulee de prendre un bus local pour Lovina, un endroit parfait pour se reposer 2-3 jours et faire des nuits completes, au bord de la mer. Parce que mine de rien, je suis toujours bien malade, ma voix est celle d’un ado qui mue, et parfois je me trouve un peu plus chaude qu’il ne faudrait. Heureusement que je prends des vitamines tous les jours!
J’ai deux ou trois trucs a prendre, mais on a jamais ce qu’il faut, ou bien il faudrait partir avec une malette de pharmacie! :p Mais ce n’est pas grave, je suis avec Helene, que j’adore deja, le soleil brille, et voyager me rend toujours aussi heureuse.

Nous avons trouve une chambre a deux pas de la plage, dans un endroit joli comme tout. Il parait meme que deux pensionnaires logent la depuis 2 ans. On est ravies d’avoir enfin le temps de se reposer, de flaner, de prendre soin de nous pour esperer rester des filles presentables, et pas des ouraoutans femelles (quelle belle image!). On s’est deja etalees dans la chambre, preuve que nous restons plus d’une nuit.